31/07/2006

La belle inconnue

L’autre jour, en sortant de la première partie de la rue au Beurre, longeant Saint-Nicolas, toujours en rénovation, en dirigeant mon regard vers l’arrière de la Bourse, j’ai remarqué une statue représentant une nouvelle toffe mokske bruxelloise. Pour moi, en tous cas, elle était nouvelle. Je ne l’avais jamais remarquée avant. Pourtant, je ne suis pas toujours scheilezat et pas encore tout-à-fait rongé par Alzheimer.

 

 

 

Par contre, elle avait déjà dû subir les outrages du temps et de la pollution urbaine, car elle était atteinte par la lèpre de la pierre.

 

 

 

Ma compagne me fit remarquer qu’elle devait être originaire de Saint-Gilles, patrie des kuulkappers, car elle avait finement observé qu’aux pieds de la belle étaient représentés des choux.

 

 

 

Rien n’est moins certain. Quelqu’un connaîtrait-il l’origine de cette fille bien de chez nous, consacrée à si noble tâche que de servir (j’imagine) une délicieuse faro, dans un broc perlé de goûtes de fraîcheur ?

 

Nosferatuske

La Fleur en Papier Doré

On devait s’y attendre. Je m’y attendais. Pourtant, samedi dernier la surprise fut rude de constater que la Fleur en Papier Doré, un de mes bistrots bruxellois préférés, venait de fermer ses portes depuis le 12 juillet. La vieille bozine, atteinte par la limite d’âge, venait de se déclarer en faillite.

 

Situé rue des Alexiens, ce troquet au charme fou est vraisemblablement un des plus anciens de la capitale. Il appartient au CPAS de la ville de Bruxelles. C’est, sans doute, la meilleure et la pire des choses : la meilleure parce que ce patrimoine reste entre des mains publiques expertes, la pire parce que cette institution n’a pas les moyens d’entretenir les trésors artistiques et historiques qu’elle a reçu en héritage.

J’en veux pour preuve l’état de délabrement actuel des installations électriques ou sanitaires. Il faut dire que la vieille bozine, non plus, n’a pas entretenu le bien comme on aurait pu s’y attendre d’une locataire modèle.

Un exemple ? Voici quatre ans déjà, la clenche de la porte de la cour s’était détachée. Je vois encore l’expression penaude de la touriste hollandaise essayant de réparer l’huis. N’écoutant que mon grand cœur, je l’aidai en fixant la poignée de porte avec une vieille attache trombone récupérée au fond de ma poche. Ma réparation fut la seule. Mon attache trombone résiste toujours!

 

 

C’est dire que le nouveau tenancier aura du boulot pour négocier une mise en conformité des installations électriques et rénover la kitchenette et les toilettes tout en respectant la patine et l’ancienneté vénérable des lieux. Quand on sait que l’estaminet fut fréquenté par Magritte et Mariën comme par Claus et Gezelle, quand on lit les citations et autres aphorismes couvrant les murs en français, en flamand ou en thiois, on se rend compte que nos deux communautés culturelles concurrentes sont confrontées, comme souvent à Bruxelles, à l’épineux problème de savoir qui va payer et pourquoi…

Gageons que nos décideurs prendront exemple sur la clientèle fidèle de l’endroit qui continue, avec délectation, à s’emmêler les cultures.

 

 

Nosferatuske

 

P.S. : Si un mécène désœuvré conservateur cafetier bilingue me lit, voici le numéro de contact pour une éventuelle candidature à la reprise jusqu’au 4 août : 0475/24.69.43

 

 

29/07/2006

Canicule

L’autre jour, j’ai accompagné mes neveux au Musée des Sciences naturelles. J’avais quelque appréhension à me lancer dans cette aventure hasardeuse. Emmener des gosses au musée peut être la pire des expériences… En pleine canicule, il fallait utiliser tout le potentiel de ruse et  de stratégie, afin de ne pas trop souffrir de la chaleur tout en satisfaisant la curiosité bien légitime des mioches. Nous étions donc arrivés tôt le matin à l’ouverture du musée. Etant déjà accablé par la température élevée de l’extérieur, je fus positivement étonné. Il y faisait très bon.

 

 

Après quelques salles décidément fort intéressantes – que de progrès réalisés en quelques années dans la présentation didactique – nous sommes arrivés à la salle des iguanodons.

Ô surprise ! Ô délectation, elle était climatisée !!!

Votre serviteur en retrouva sa verve légendaire. Tout allait bien. Le sort ne s’acharnait pas contre moi ! Je ne serais pas terrassé par des aléas météorologiques. J’allais pouvoir guider la visite en profitant de la climatisation !

Triste illusion !

 

 

De salle en salle, d’étage en étage, il faisait de plus en plus chaud. Plus tard et quelques litres de sueur en moins, après le vivarium tropical, il nous restait à voir les baleines. Ayant le souvenir d’une salle bleue et fraîche avec de gigantesques squelettes pendus au plafond, je fis accélérer le mouvement pensant y retrouver une climatisation aussi efficace que pour les os des iguanodons.

Horreur et désespoir !!! Pas de clim dans cette salle qui, de plus, est située sous le toit de l’immeuble ! Il y faisait une chaleur qui aurait fait suer Belzébuth lui-même.

Je n’ai pas fait de photos. Je n’ai pas fait de commentaires. Je me suis enfui, cherchant fébrilement l’ascenseur. Evidemment, c’est à ce moment que les enfants ont découvert des toilettes qu’ils n’avaient pas encore explorées…

Je ne peux portant pas me plaindre.

J’ai échappé à la salle suivante consacrée à l’Arctique…  

 

Nosferatuske

10:06 Écrit par Nosferatuske dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : canicule |  Facebook |

28/07/2006

Derrière le décor

Il arrive parfois, qu'au gré des flâneries, on puisse tomber sur ce qu'il faut oser appeler une faille spatio-temporelle. C'est ainsi qu'en revenant d'une promenade au Rouge-Cloître, mon regard fut attiré par un faux-pli urbanistique.

 

 

Claude Semal, mon Bruxellois préféré, chantait: "On a gardé la façade et bazardé le reste." Il brocardait ainsi l'establishment et ses schieves ... qui, pour faire mieux qu'EuroDisney aseptisent la ville en bourrant de clim, de spots, d'high-tech et de gyproc, des immeubles éclairés de fenêtres à meneaux du XVIème siècle.

 

 

Une fois n'est pas coutume, c'est avec plaisir que j'ai vu contredire mon Bruxellois préféré. Car, à quelques pas de la place où s'encanaillent les euro-technocrates, dans les remugles de fritures toonesques, se niche l'impasse du Pré, anodine, discrète, humble.

 

 

Pour une fois, la façade sert à garder le reste...

 

Nosferatuske

Premiers pas hésitants

Ca y est! Klet Mariet, j'ose me lancer dans le monde des blogs. J'avais envie de partager avec vous ma vision de Bruxelles, ma ville, mon univers. Pas le Bruxelles des investisseurs, des spéculateurs, des ingénieurs, des schieves, des scheiles ou de vuiles architektes à leurs bottes. Non, ma ville est humaine, populaire, poétique. Elle baigne dans l'histoire, respecte ses vieilles pierres tout en étant le creuset d'une créativité débridée et anarchique.

Pour commencer donc, voici quelques photos prises au gré de mes tribulations. Pas de commentaires, pas de précisions quant aux noms de lieux ni de dates. Simplement le plaisir de flâner... en attendant que je m'habitue au média, que je l'habille, que je l'imprègne de ma présence, de mes goûts et dégoûts, de mes cris du coeur et de ma mauvaise foi parfois. Non, peut être !!!

 

 

                                                                             Nosferatuske