19/09/2006

La rue de l'Etuve va mal...

Quand je fais un détour rue de l’Etuve, c’est toujours en me frayant un chemin rapide entre des grappes de touristes cherchant le petit Julien. C’est souvent le nez baissé, sans avoir encore l’envie de me gausser de leur étonnement, quand ils l’ont trouvé si petit, que je trace mon sillon vers la rue du Lombard et la Grand-Place.

L’autre jour, en écoutant des musiciens de rues, bien sympas, j’ai laissé flâner mon regard sur les façades de la rue de l’Etuve, regrettant de ne pas avoir pris mon appareil photos. Le choc fut rude.

 

 

C’est là que me vint la révélation essentielle : « A Bruxelles, il faut que tu sois mobile, à pied, à vélo ou en auto (non pas de rime facile !). Faut que tu circules !» Parce que, quand tu flânes, quand tu prends le temps de regarder, les évidences viennent t’agresser. Quand tu prends le temps de t’arrêter…

 

 

Pour atteindre le Manneken Pis, les touristes passent dans une rue sinistrée, vérolée. C’est là que l’on comprend pourquoi Bruxelles n’est pas un objectif de voyage, en soi, mais une simple étape d’un périple européen…

 

 

L’abandon est criant, hurlant, assourdissant. Il y a déjà eu des réactions, des reportages sur le sujet. Mais, à quoi bon…

A la veille des élections, quand je m’arrête et que je réfléchis, je me demande pourquoi ils s’écharpent (elle n’est pas échevinale, celle-là ?) tous en parlant de mobilité ? Faut pas que tu t’attardes. Vaque à tes occupations. Cours, roule, cours, roule, roucoule, tu réfléchis trop.

Je ne suis pas poujadiste. Je me pose des questions comme, par exemple celle de se demander pourquoi aucun de ces merveilleux représentants de notre médiocrité bêlante ne parle de projets de préservation, ne fusse que du décor de nos courses exorbitées à la recherche de consommation sans frein.

C’est comment qu’on freine ? J’voudrais descendre de là !

A quoi ça sert de courir ou de rouler à vélo dans un désert de béton ou dans de tristes ruines attendant la main salvatrice des as de l’esthétisme post-merdique ?

Que nos schieves ingénieurs municipaux  ne se trompent pas. Je ne demande pas une rénovation aseptisée dont ils ont le secret. Un p’tit nettoyage, une petite aide aux vieilles personnes qui habitent encore aux étages de ses masures vénérables, un p’tit coup de main aux spéculateurs pour qu’ils aillent voir ailleurs pour construire une grande surface ou une banque, ferait plaisir. De petites maisons toutes fraîches avec de jolies petites pièces à la Vermeer et de jolies boutiques siéraient bien à cet endroit.

Mais j'exagère! Je ne suis pas raisonnable.

Tu vois ce que c’est de flâner, de rêvasser, de siroter ta Rochefort à une terrasse.

Tu deviens mélancolique, tu fous le bourdon aux autres moutons !!!

Alleï , alleï, circuleï, ou j’appelle le garde-ville, potverdoeme !!!

 

Nosferatuske

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