07/10/2006

On joue ? (6)

Je sens bien que tu es mélancolique. Ton week-end est foutu.

Tu dois aller voter et tu ne connais même pas le numéro de la liste habituelle dans laquelle tu vas chercher une femme pour affirmer ton appartenance idéologique. Je te comprends : Moi, les communales, me hérissent au plus haut point.

Je m’étais juré de ne pas me lancer dans la diatribe polichinelle mais, je vais, avant que nous jouiions, m’expliquer quelque peu, si cela t’intéresse. Sinon, tu fais comme d’habitude, tu n’as qu’à zapper.

Je suis zinneke TOTAL !!! Cela me poursuit depuis le début de mon existence. J’habite à l’intersection de trois communes bruxelloises. Par un hasard complet, je suis domicilié à Woluwe-Saint-Pierre. Cela fait irrémédiablement de moi un bobo renaudesque bien involontaire. L’immeuble d’en face est situé sur le territoire d’Auderghem. A part une boîte aux lettres débordante de merde propagandiste provenant des tous ces nabots, bleus, mauves et oranges et mauvais oranges qui te concèdent un regard plongeant et dédaigneux pour attirer ton vote, je ne vois pas de différence notoire entre la gestion de la liste du Bourgmestre de ma commune ou celle du Bourgmestre d’en face ou que celle d’ailleurs de tous ces petits potentats clochemerlesques, quels qu’ils soient.

Là, je te concède cependant que mon Bourgmestre dépasse toutes les bornes de la décence politique. A chaque fois que je reçois, dans ma boîte, des nouvelles de ma très lointaine commune, je vois sa tête partout. C’est pire que le Big Brother de Georges Orwell ! On inaugure une nouvelle salle de sport, une seigneurie, une bibliothèque, un sauna, une pizzeria ; on photographie des lauréats, des champions, des jubilaires … on le voit partout. A croire, que dans la commune où je dors, on inaugure des trucs rien que pour faire parler de mon Bourgmestre. J’en suis à me demander s’il n’a pas payé ses copains flamands pour que les avions continuent à passer sur Bruxelles afin que lui, il puisse passer à la télé !

A part ça, dans ma commune, rien de passionnant. Il n’y a pas d’enjeux politiques. Aucun parti démocratique ne peut me faire croire cela. Que les bourges dépensent les taxes des bourges comme ils l’entendent. Ils peuvent gérer leur dortoir-mouroir comme ils le rêvent. Je n’en ai rien à cirer. Je ne fais qu’y loger. Je n’y vis pas.

J’irai voter demain parce que la presse et les analystes vont dégager des tendances statistiques. Je tiens à influer sur ces tendances. J’ai ce petit poids-là (Comme l’aurait dit, par une nuit de grand froid, le fameux héros afghan, le Commandant Massoud) !

Il me reste la région Bruxelles-Capitale comme réel enjeu. Une région qui se définissait de superbes projets à sa naissance. On interpellera Picqué à ce sujet, après ces élections-ci…

Depuis les années soixante, tout est urgent pour sauver ce que Bruxelles a de meilleur : ses habitants et son patrimoine. C’est ce qui fait son attrait. C’est ce qui disparaît. Quand les bourgeois reviendront vers la ville, délaissant leurs vertes banlieues dorées sur tranches parce que leurs 4X4 mettent trois heures à faire la route de Chaumont-Gistoux à Auderghem, ils ne retrouveront plus la ville conviviale abandonnée par leurs grands-parents. Ils ne pourront plus qu’aller rejoindre Thielemans qui plantera encore et toujours, démagogiquement, son arbre de mai dans une cité qu’une bande de slûûr a dévasté, bétonné, robotisé.

 

Bon, stop, j’arrête, k’ begin te zoege !

 

On joue ?

 

Dans la photo suivante, cherche-moi l’intrus. L’enjeu est une bonne trappiste à ne pas nécessairement boire en ma compagnie.

 

Vote bien !

 

Nosferatuske

 

Brublog060917 127blog

 

 

 

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