25/09/2008

Pour une fois...

 

Un peu d'air frais...

Entendu ce matin, dans ma bagnole, entre Saint-Gilles et Anderlecht....

25/09 - La chronique de Paul Hermant

Chronique2 Je suppose qu'il a dû pousser un ouf de soulagement, votre invité d'hier, Serge, quand vous lui avez dit « Merci Bernard Devos d'avoir participé à Questions publiques ». Quelle bronca, vraiment ! Il est évidemment toujours difficile, ardu, impossible, d'assumer une parole dès lors qu'un événement dramatique, oh combien, vient percuter notre matin. Tout paraît légitime. Et toutes les histoires sont l'histoire.

Il avait pourtant dit quelque chose de très beau, je trouve, le délégué aux droits de l'enfant. Il avait dit cela, qu'il fallait « tenir sa place ». Qu'un enfant est un enfant, un adolescent un adolescent, un parent un parent, un professeur un professeur, etc, … Et que la confusion des rôles forme des identités qui peuvent être, on le sait, meurtrières.

Tenir sa place ? Respecter les règles du code de la route est devenu le dernier exercice rebelle. Tenir sa place ? Saluer quelqu'un en rue relève de la dernière grossièreté. Tenir sa place ? Mais Sophie Brems nous apprenait hier qu'en Italie, on allait avoir recours à l'ADN pour retrouver les propriétaires des crottes que laissent les chiens sur les trottoirs. Vous allez me dire, quel rapport ? Mais justement, tous les rapports. Tous les rapports à l'autre.

Dans un métro londonien, un soir, il y a ce contrôleur qui était venu annoncer que là, juste à côté, y avait un type qui avait pointé un couteau sous le cou d'une voyageuse, alors que si on ne voulait pas bouger, d'accord, mais que si on voulait, c'était bien aussi.

Quelques gars, trois Noirs, trois Blancs, avaient gagné l'autre porte et ç'avait été impressionnant comment ils avaient entouré le type et comment ils lui avaient parlé, à l'autre avec son couteau sur le cou. Pas un n'a fait un geste. Pas un n'a levé la main. Ou plutôt, si, juste un, au moment où il a simplement attrapé le surin comme on cueille une pomme. C'était fini. Un autre a tendu une main élégante à la fille qui s'est extirpée et tous ils se sont assis autour du type, en lui causant en le regardant dans les yeux. Ça a duré comme ça, jusqu'à que le gars signale que c'est là qu'il devait descendre, que c'était son arrêt. Au moment où le type se dirigeait vers la porte, un des gars a dit simplement : « Hé mec, t'oublies ton couteau » et il le lui a tendu. Mais, là tout de suite, le gars a bien vu que ce couteau n'était plus un couteau. Que ce qu'il tenait en main, c'était sa propre impuissance et que ce qu'il observait, c'était son intime médiocrité. En fait, c'était même le couteau le moins couteau qu'il avait jamais vu. Il y a un mollusque qui s'appelle « couteau », hé bien c'était ça, il tenait dans sa main un mollusque. Le type était cuit. Et la première poubelle venue a accueilli ce couteau qui n'était plus qu'un mollusque.

Tenir sa place. Voilà. C'est la manière dont nous entendons ces mots : « Attention aux autres ». Allez belle journée et puis aussi bonne chance.

Nosferatuske

20:49 Écrit par Nosferatuske dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : bruxelles, brussels, nosferatuske, brussel |  Facebook |

Commentaires

Merci Beau texte...

Écrit par : babelkot | 25/09/2008

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