03/12/2006

La laitière

Tu te souviens de la belle inconnue servant un liquide (que je prenais pour de la Faro, esprit pervers que je suis…). Je ne l’avais jamais remarquée avant la restauration de l’église Saint-Nicolas. Sans doute que durant les années précédentes, je préférais les courbes galbées et dynamiques des minettes en chair et en os plutôt que de m’attarder devant une statue noyée dans la végétation bordant l’église.

 

Mokskeweb1

 

Et puis, hier, en fouillant en bibliothèque publique, je suis tombé sur l’ouvrage de Michel Michiels (Bruxelles est malade… mais son cœur bat – Editions Le Livre), où il évoque une série de fontaines publiques parmi lesquelles on retrouve la laitière de l’église Saint-Nicolas. Voici ce qu’il en dit :

« Comme les petites maisons qui se serrent contre l’église Saint-Nicolas, cette fontaine lui est accolée. Elle date du XVIIème siècle et est due au sculpteur Marc De Vos. Elle ornait jadis la pompe du cimetière de l’église. Elle nous raconte les mésaventures post-mortem d’une laitière qui vendait son lait fortement coupé d’eau. Comparaissant devant Saint Pierre, elle fut condamnée à chanter éternellement de nuit : « demi-eau, demi-lait, mesure frauduleuse, oubliez l’âme. » Ce n’est qu’après avoir exhumé son cadavre pour les besoins de la science que les magistrats purent vérifier la réalité de la malédiction au vu de la conservation de son corps. Après cet examen, son âme trouva le repos et les dormeurs de la rue au Beurre retrouvèrent le sommeil. »

Que faut-il en tirer comme leçons ? Je crois que, comme passant, comme habitant pressé, comme consommateur stressé, on circule trop vite. Dans la course effrénée à la satisfaction des désirs les plus frustes, on ne goûte que des instants fugaces et on ne prend pas le temps d’apprécier ce que nos ancêtres ont créé à notre intention. C’est ainsi que les promoteurs, les froecheleirs et leurs complices politiques ont pu allègrement piller notre patrimoine commun, à notre nez et à notre barbe, sans que nous ne puissions réagir.

Je ne commettrai plus cette erreur. Chaque fois que je me promènerai au centre, j’irai saluer la belle laitière. J’irai la prier, au nom de Gambrinus de changer le lait en lambic !

 

Nosferatuske

31/07/2006

La belle inconnue

L’autre jour, en sortant de la première partie de la rue au Beurre, longeant Saint-Nicolas, toujours en rénovation, en dirigeant mon regard vers l’arrière de la Bourse, j’ai remarqué une statue représentant une nouvelle toffe mokske bruxelloise. Pour moi, en tous cas, elle était nouvelle. Je ne l’avais jamais remarquée avant. Pourtant, je ne suis pas toujours scheilezat et pas encore tout-à-fait rongé par Alzheimer.

 

 

 

Par contre, elle avait déjà dû subir les outrages du temps et de la pollution urbaine, car elle était atteinte par la lèpre de la pierre.

 

 

 

Ma compagne me fit remarquer qu’elle devait être originaire de Saint-Gilles, patrie des kuulkappers, car elle avait finement observé qu’aux pieds de la belle étaient représentés des choux.

 

 

 

Rien n’est moins certain. Quelqu’un connaîtrait-il l’origine de cette fille bien de chez nous, consacrée à si noble tâche que de servir (j’imagine) une délicieuse faro, dans un broc perlé de goûtes de fraîcheur ?

 

Nosferatuske